À Poindimié, l’Atir explique son action aux habitants du village

Infirmiers de l'Atir en Nouvelle Calédonie.

À Poindimié, l’Atir explique son action aux habitants du village

Poindimié est une petite commune de la côte est de la Nouvelle-Calédonie, où l’Atir exploite une unité d’hémodialyse de proximité (UHP) depuis de longues années. Or, ces derniers mois, cette UHP a subi des vols de matériel et ses infirmiers, des cambriolages à répétition dans leurs logements. Pour déjouer l’insécurité, la direction de l’association a sollicité les autorités locales, notamment coutumières. De leur démarche, ressort un besoin critique d’information de la population sur notre activité de dialyse.

Centre de l'Atir à Poindimié en Nouvelle Calédonie.« L’équipe de Poindimié nous a alertés en juillet », explique Anne-Françoise Lemaitre, cadre des soins en charge de l’UHP que l’Atir exploite dans cette commune néocalédonienne. « Certains IDE avaient subi des cambriolages à répétition. » D’autres incidents s’y sont ajoutés, comme des vols de matériel dans l’unité.

Aussi Nicolas Darsaut, directeur général de l’Atir, et Anne-Françoise, ont-ils pris les devants. « Le commissaire délégué de la République en province Nord, Gérard Péhaut, le major Damien Flamme, commandant de la brigade de gendarmerie de Poindimié, et Ghislaine Lepeu, première adjointe au maire, nous ont reçus. Nous leur avons exposé la situation et la difficulté de retenir des soignants face à l’insécurité. À l’issue de cette réunion, madame Lepeu a proposé une seconde rencontre avec les autorités coutumières des districts de Poindimié – Wagap et Bayes. »

Les conséquences de l’insécurité, en toute transparence

C’est le 18 octobre qu’Anne-Françoise, accompagnée de Valentine et Benjamin, deux IDE de l’UHP résidant à Poindimié, et de Rosemay, agent de service, a rencontré le grand chef du district de Bayes, son porte-parole et les onze petits chefs des tribus du district. « Nous étions une quarantaine de personnes, à la maison commune du district », raconte-t-elle. Après la coutume d’accueil, les participants ont posé, comme condition de la rencontre, la transparence. « On était là pour se dire les choses. Les échanges, cordiaux, ont duré plus de deux heures. »

Que se sont dit les parties en présence ?

« Nous avons évoqué les cambriolages répétés des domiciles de notre personnel et leurs conséquences directes : difficulté de recruter des soignants, donc de prendre en charge les patients dialysés. Pas de langue de bois : nous avons expliqué que si des délinquants font peur aux infirmiers, ils partent. Comme ils témoignent de cette insécurité sur les réseaux sociaux, l’UHP de Poindimié perd en attractivité. Et s’il n’y a plus d’infirmiers, pas de dialyse, le patient meurt. Nous avons aussi rappelé que l’Atir est l’un des rares employeurs de la commune. Toutes nos agents de service viennent par exemple du district de Bayes. »

Patients dans des lits à l'Atir en Nouvelle Calédonie.Une séance de sensibilisation à la maladie rénale chronique

Nicolas Darsaut, Anne-Françoise Lemaitre et les collaborateurs de l’UHP ont retenu un autre élément marquant lors de ces deux réunions. Leurs interlocuteurs méconnaissaient l’activité de dialyse de l’Atir, pourtant installée à Poindimié depuis 1996. « Ils ont formulé de nombreuses questions sur notre structure, la maladie rénale chronique, le diabète, la dialyse, l’hygiène de vie et la prévention. Nous avons donc pris le temps d’en parler. »

Devant ce constat, la direction générale souhaite multiplier les échanges avec les habitants des communes où l’Atir est implantée en 2026. « Nous irons à la rencontre des populations locales pour expliquer ce que nous faisons et pourquoi nous sommes là. Directement et avec l’appui du Résir », conclut Nicolas Darsaut.