2 ans après les émeutes, l’Atir respire dans des locaux réhabilités

LEs équipes de l'Atir ont retrouvé le sourire dans l'unité de Dumbéa sur Mer rénovée.

2 ans après les émeutes, l’Atir respire dans des locaux réhabilités

En mai 2024, de violentes émeutes ont secoué la Nouvelle Calédonie, tant en raison de sa situation institutionnelle que sociale. L’Atir, opérateur majeur dans la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique, en a souffert directement : son siège social, également unité de dialyse médicalisée, a subi un saccage inattendu. Pendant plusieurs mois, elle a ensuite dialysé ses patients dans un environnement dégradé mais ses équipes ne s’en sont pas émoustillées et sont parvenues à préserver la qualité des soins. Deux ans plus tard, patients et soignants respirent : le bâtiment, ses salles de dialyse, sont remis à neuf. Les traces de la crise s’effacent, une nécessité pour retrouver bon moral.

13 et 14 mai 2024. Les personnes qui ont vécu ces deux journées à l’Atir ne les oublieront pas. D’autant plus qu’il aura fallu plus d’un an et demi pour effacer les traces des émeutes à l’origine, à cette date, du saccage de l’unité de dialyse médicalisée (UDM) de l’association, premier opérateur de dialyse néocalédonien. Située à Dumbéa sur Mer, grosse commune limitrophe de Nouméa, la capitale du pays, l’UDM avait vu ses salles de soins dévastées, avec incendie, bris de vitres, générateurs de dialyse, ordinateurs et équipements divers vandalisés. À ces pertes matérielles, immenses, s’était ajoutée celle d’une partie des archives. L’Atir avait également dû évacuer, définitivement, une autre de ses unités, à Kaméré.

Le siège de l'Atir à Dumbéa sur Mer a subi de gros dégâts pendant la crise de mai 2024.

Des paysages de désolation témoignaient du saccage du siège de l’Atir à Dumbéa sur Mer en mai 2024.

Pas de transaction sur la qualité des soins malgré des locaux dégradés

À peine le calme revenu, la direction générale de l’Atir, aidée des cadres des soins et infirmiers, s’était évertuée à rouvrir, malgré les dégâts énormes, les locaux de Dumbéa sur Mer, pour dialyser les patients, coûte que coûte. En effet, il fallait leur éviter le pire. Sur le terrain, les techniciens de l’association avaient donc récupéré le matériel réparable et l’avaient remis en état. Tout cela, les équipes l’ont raconté dans un numéro spécial du journal interne. Il est bon de s’en souvenir, non pas pour ressasser, mais pour les féliciter à nouveau de leur courage et de leur persévérance, alors que le siège de Dumbéa sur Mer retrouve des couleurs. Car pendant plusieurs mois, les équipes, infirmiers·ères en tête, ont soigné les patients sans transiger avec la qualité, malgré les vitres brisées, les peintures enlevées, les portes cassées.

Avant/après des émeutes à l'Atir de Nouvelle Calédonie.

L’entraide pendant les travaux de rénovation

Or, travailler dans ces conditions impacte inévitablement le moral. La direction de l’Atir a donc suivi le dossier de remise en état de l’immeuble de l’Atir avec une attention toute particulière. Et les obstacles n’ont pas manqué : d’abord, les procédures d’indemnisation auprès des assureurs ont demandé beaucoup de temps car les compagnies souhaitaient engager la responsabilité de l’État dans les violences urbaines. Difficulté suivante : l’approvisionnement en matériel de réparation, tout aussi long car l’archipel calédonien est très dépendant des importations. Enfin, la durée des travaux, avec des entreprises de BTP et artisans très sollicités.

Une réhabilitation porteuse d’espoir

Patients et soignants ont fait preuve de longanimité. Les uns se sont laissés dialyser, les autres ont travaillé, alors qu’autour d’eux la rénovation allait bon train. Parfois, la sécurité et l’hygiène ont exigé qu’ils changent d’unité de dialyse  – merci à l’unité de Koutio, qui s’est adaptée pour accueillir des patients de Dumbéa sur Mer, rappelant que l’entraide est l’une des valeurs clés de l’Atir.Atir en Nouvelle Calédonie après les émeutes.

Rénovation des locaux de l'Atir à Dumbéa sur Mer, salles de dialyse comme de réunion.

La rénovation du siège de l’Atir, à Dumbéa sur Mer, touche ses salles de dialyse comme de réunion.

Depuis fin 2025, c’est fini.  LAtir a fait remplacer les vitrages et doubles-vitrages de son siège, les peintures sont neuves, les salles de dialyse disposent de matériel nouveau et moderne. La directrice des ressources humaines, Karine Denis, soucieuse de la qualité de vie au travail, ne cache pas sa satisfaction : « Nous avons effacé les dernières traces des émeutes, c’était capital pour le moral de nos collaborateurs ! Merci à eux tous pour leur coopération. » Dans ces conditions, la date anniversaire des émeutes, qui approche, pourrait passer inaperçue, car l’Atir a renoué avec l’essentiel de ses projets d’avenir.