À Futuna, l’Atir ouvre les portes d’une nouvelle unité d’hémodialyse très attendue

Depuis le 19 janvier, l'UHP de Futuna a ouvert ses portes et a accueilli ses premiers patients.

À Futuna, l’Atir ouvre les portes d’une nouvelle unité d’hémodialyse très attendue

C’est l’histoire d’un chantier long de dix ans. Parce que l’intérêt du patient est et restera central dans l’accomplissement de sa mission, l’Atir soutient avec ténacité, depuis 2016, le projet d’installation d’une unité de dialyse de proximité (UHP) à Futuna, île française de Polynésie, dans le Pacifique sud. Le 19 janvier, cette UHP a ouvert ses portes. Un grand soulagement pour les Futuniens, pour l’Agence de santé de Wallis, pour les équipes de l’Atir.

Quel plaisir, pour Nicolas Darsaut, directeur général de l’Atir, d’annoncer l’ouverture officielle de l’unité d’hémodialyse de proximité (UHP) de Futuna ! Le lundi 19 janvier, ses deux premiers patients, résidents de Futuna, en franchissaient les portes, à Kaleveleve, avec émotion. Jusque là, et depuis de nombreuses années, ils étaient contraints de partir vivre, au mieux sur l’île voisine de Wallis — la seule de l’archipel disposant d’une structure capable de prendre en charge l’insuffisance rénale chronique —, voire en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française ou en France. Désormais, ils subiront leur dialyse chez eux, entourés de leurs proches, un immense soulagement. Fini l’exil.

L'IDE Selafina Kilamaa participé à l'ouverture de l'unité de Futuna dès le 19 janvier.

L’IDE de l’Atir Selafina Kilama, en poste à Wallis, a participé à l’ouverture de l’unité de Futuna.

Une avancée sanitaire majeure, née d’un engagement présidentiel

L’UHP entre en service pratiquement dix ans jour pour jour après que François Hollande, président de la République française, eut déclaré, en visite à Futuna début 2016, que l’île et ses quelque trois mille habitants auraient leur unité de dialyse. À l’annonce du chef de l’État, l’Agence de santé de Wallis et Futuna (ADS) s’était naturellement tournée vers l’Atir pour porter le projet et surtout, lui confier l’exploitation de l’unité, une fois sortie de terre. « Nous sommes habitués aux challenges, sourit Nicolas Darsaut, donc nous avons évidemment répondu favorablement à la demande de l’Agence. Et notre conseil d’administration a suivi le chantier avec beaucoup d’attention. »

Après dix ans semés d’embûches, l’UHP !

Pourquoi aura-t-il fallu dix ans à ce projet pour aboutir ? Parce que, depuis 2016, les cyclones, la crise sanitaire de la Covid-19, les émeutes en Nouvelle-Calédonie, ont constitué autant d’obstacles. S’y sont ajoutées les vicissitudes liées à l’éloignement de cette petite île du Pacifique sud « où un battement d’ailes peut rapidement se transformer en tempête », observe avec recul Nicolas Darsaut. De fait, le directeur général a dû régulièrement négocier avec les chefs coutumiers de Futuna pour faire progresser le dossier.

L’Atir impliquée sur place et à distance pour la réussite du projet

Catherine Gervais, IDE itinérante de l'Atir, s’est également rendue à Futuna le 19 janvier de-puis Nouméa, avec Anne-Françoise Lemaître, cadre des soins, pour l’ouverture de l’UHP.

Catherine Gervais, IDE itinérante de l’Atir, s’est également rendue à Futuna le 19 janvier depuis Nouméa, avec Anne-Françoise Lemaître, cadre des soins, pour l’ouverture de l’UHP.

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui l’unité fonctionne, avec quatre postes de dialyse. « Elle est belle, nous serons heureux de la faire vivre, pour nos patients. Je remercie les équipes qui se sont investies dans la phase de construction, ­ pendant toutes ces années, notamment, celles du pôle Qualité, technique et infrastructures – monter un traitement d’eau si loin n’est pas une mince affaire, je vous l’assure, ni suivre les travaux à distance pendant près de huit ans. Également, les équipes de notre direction des soins infirmiers, notre pharmacie à usage interne, nos service logistique, RH, des finances, le système d’information… et nos médecins, qui s’y rendent maintenant régulièrement. Tout ceci participe de l’aventure Atir. »

L’objectif de la qualité, marque de fabrique de l’Atir

Pierre Grison, technicien de dialyse baséà Nouméa, était également sur place le 19 janvier. Il a montré aux journalistes de La 1e l’installation sophistiquée qui rend l’eau potable.

Pierre Grison, technicien de dialyse basé
à Nouméa, était également sur place le 19 janvier. Il a montré aux journalistes de La 1ère l’installation sophistiquée qui produit de l’eau ultra pure pour dialyse ainsi que de l’eau ­ potable.

L’ouverture de l’unité a attiré, le 19 janvier, la chaîne de télévision locale, marquant ainsi l’importance de l’événement pour les Futuniens. Anne-Françoise Lemaître, cadre des soins qui en supervise l’effectif, était venue de Nouméa pour l’occasion. « Avec quatre postes de dialyse, un infirmier et une agent de service qualifiée, l’UHP ouvre un jour sur deux pour l’instant et peut dialyser huit patients par jour sur deux séries distinctes, a-t-elle expliqué, pour éclairer le reportage. Lorsqu’elle fonctionnera à plein régime, du lundi au samedi, ce sera jusqu’à seize patients par jour. » Les visiteurs ont pris conscience de la modernité de la structure. En particulier, sur une île sans eau potable, son système de traitement, ultra-performant, est capital pour apporter à la dialyse une eau d’une pureté extrême. L’inauguration de l’UHP est prévue le 3 juin. Pour l’heure, là-bas, l’aventure Atir se poursuit avec un autre défi : « Offrir aux patients futuniens une qualité de prise en charge optimale, au plus près de chez eux, durablement, commente Nicolas Darsaut. Nous le relevons volontiers, avec confiance et lucidité. » N’est-ce pas la marque de fabrique de l’association ?

Voir le reportage : https://la1ere.franceinfo.fr/wallisfutuna/un-centre-d-hemodialyse-desormais-operationnel-a-futuna-1662945.html