A l’Atir, les agents aiment travailler la nuit auprès des patients

L’Atir, opérateur majeur dans le traitement de l’insuffisance rénale en Nouvelle-Calédonie, propose aux patients la dialyse de nuit. Aux côtés des soignants, des agents de soirée les encadrent étroitement.

A l’Atir, les agents aiment travailler la nuit auprès des patients

Anna C. est agent de service qualifié à l’Atir. Douce et souriante, elle s’occupe des patients dialysés la nuit dans l’unité médicalisée située dans la commune de Dumbéa sur Mer, près de Nouméa. En quoi sa mission en soirée est-elle spécifique ?

Trois jours par semaine les lundi, mercredi et vendredi, Anna C., agent de soirée à l’Atir, est en poste dans l’unité de dialyse médicalisée de Dumbéa sur Mer. Pas très loin, à Koutio, sa collègue, Marie-Louise T. exerce le même métier dans une unité d’hémodialyse de proximité. Leur mission ? « Elles accueillent les patients, les préparent pour les séances de dialyse de nuit et assurent l’hygiène des locaux, en collaboration étroite avec les infirmiers », explique Carmen G., directrice du service des soins infirmiers de l’Atir. Anna commence à travailler à 15h le lundi et 14h les mercredi et vendredi, pour finir à 2h du matin. « Je m’occupe d’une série de dix patients, expose-t-elle. J’accueille les patients, je les pèse, ensuite je les installe sur les lits. Ces patients sont autonomes, je suis là pour les accompagner, les écouter, voir si tout se passe bien, répondre à leurs besoins. »

« Je dors à contre-courant »

Avant de rejoindre l’Atir, Anna travaillait comme auxiliaire de vie, le jour. Au sein de l’association, elle a d’abord accepté la fonction d’agent itinérant, volant d’unité en unité dans le grand Nouméa. Elle y a découvert un nouvel univers médical. « Quand on est auxiliaire de vie, on s’occupe toujours de la même personne. Ici, on prend en charge plusieurs patients à la fois. » Des contraintes personnelles l’ont ensuite conduite à choisir le poste d’agent de soirée et à s’adapter à ses horaires particuliers. « J’avais besoin de prendre soin de ma mère, malade, pendant la journée, précise-t-elle. Au début, travailler la nuit était fatigant, puis j’ai pris le rythme. Maintenant, ça va. J’ai compris comment organiser mon sommeil la journée pour ne pas être chamboulée. Je dors à contre-courant de la plupart des gens, c’est l’une des spécificités du travail de l’agent de soirée. »

L’ambiance chaleureuse de la dialyse de nuit

La seconde spécificité porte sur la qualité des relations qui se nouent avec les patients, la nuit. « A la différence de mes collègues de jour, j’accompagne les mêmes patients. Cela crée des liens étroits entre nous. Comme ils se connaissent tous, l’ambiance est particulière en soirée. D’ailleurs les patients sont déphasés lorsqu’ils sont obligés de passer à des séances de jour. Pour le reste, le poste d’agent de soirée ne demande pas plus d’implication qu’aux agents de jour. »

L’entraide, une valeur-clé à l’Atir

L’Atir, opérateur majeur dans le traitement de l’insuffisance rénale en Nouvelle-Calédonie, propose aux patients la dialyse de nuit. Aux côtés des soignants, des agents de soirée les encadrent étroitement.Que retire Anna de ses expériences successives à l’Atir ? « Elles m’ont appris à développer mon écoute et ma capacité d’empathie pour comprendre les patients. Il faut de la patience mais l’Atir nous en donne les moyens, sourit-elle. Et mes patients sont géniaux ! Ils m’aident, prennent des initiatives : par exemple ils ramassent leurs draps et leurs couvertures. » Quant à ses rapports avec l’équipe soignante, Anna souligne combien ils sont empreints d’entraide. « Je me sens bien dans mon métier, avec mes collègues infirmiers. En début de soirée, un agent itinérant m’apporte du renfort pour installer les patients. Puis les infirmiers sont avec moi la nuit, nous nous soutenons, j’apprécie beaucoup. » Une valeur, l’entraide, que Carmen G. confirme comme « essentielle la nuit alors que les équipes sont plus réduites ». Une valeur que l’Air a choisie comme référence, avec le progrès, l’engagement et la satisfaction. Travailler à l’Air, c’est aussi adhérer à sa charte de valeur, Anna C. en est fière.

 


Un métier made in Atir, l’agent de service qualifié   

L’Atir n’emploie pas d’aides-soignants car elle n’est pas un centre d’hospitalisation. Cependant, dans sa volonté d’accueillir toujours mieux le patient insuffisant rénal, elle forme des agents de service pour les intégrer aux équipes soignantes. Précurseur en Nouvelle-Calédonie, l’établissement de santé a ainsi instauré le métier « d’agents de service qualifiés ». Quelle est la mission de ces « super-agents » ? Ils assurent l’hygiène des locaux et participent au confort matériel et moral des patients. En d’autres termes, ils pratiquent le nursing, ce que les autres agents de service ne font pas. Pendant les séances de dialyse, ils assistent l’infirmier en répondant au téléphone, en assumant des tâches de secrétariat. Les agents de service qualifiés connaissent aussi les limites de leur intervention : ils ne montent pas les machines de dialyse, ne préparent pas le matériel des séances. Sur le patient, ils ne tiennent pas les points des fistules. Enfin, ils ne touchent pas les bacs de déchets d’activités de soins à risque infectieux. »