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L’Atir, qui prend en charge l'insuffisance rénale en Nouvelle-Calédonie, entreprend, depuis plusieurs années, des actions pour se conformer aux critères de la dialyse verte, telle que la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation (SFNDT) la promeut. Et ce, malgré des obstacles bien concrets, comme la situation géographique de certaines de ses unités de dialyse, très éloignées des centres urbains. Au terme d'un audit récent, le pôle de l'association qui veille à la qualité de son activité constate des progrès dans sa démarche éco-responsable.

L'éco-responsabilité, la qualité des soins et celle des conditions de travail, ce sont-là trois objectifs que l'Atir considère comme inhérents à sa mission en Nouvelle-Calédonie. Elle le réaffirme en faisant le choix, cette année, de troquer les poches d'acide individuelles branchées à ses générateurs de dialyse contre une centrale de distribution d’acide, pour fabriquer l'eau de dialyse. L'équipement est en service depuis mi-février dans sa principale unité médicalisée, à Dumbéa sur Mer. Il satisfait déjà son personnel, infirmiers en tête. À adopter sans conteste, si vous êtes un établissement de santé qui pratique l'hémodialyse.

À Dumbéa sur Mer, fin 2022, l’Atir a introduit le vélo en salle de dialyse. L’initiative s’est ensuite heurtée à plusieurs entraves, dont des émeutes urbaines en 2024. Aujourd'hui, l'association réfléchit à lui redonner de l’élan. En effet, comment ignorer les effets bénéfiques, unanimement et scientifiquement reconnus, de l’activité physique sur la santé des insuffisants rénaux chroniques ?

Quoi de plus terrible que de voir un·e patient·e hospitalisé·e précipitamment et décéder sans y avoir été préparé·e ? Parce que la fin de vie fait partie intégrante de la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique, les médecins et la direction des soins infirmiers (DSSI) de l’Atir veulent instaurer, avec l'hôpital public, le CHT Gaston-Bourret, un corridor de services qui permettra d’accompagner dûment les dialysés, souvent âgés, en soins palliatifs.

Le congrès de la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation (SFNDT) offre à ses membres l’opportunité d’exposer leurs pratiques. Noémie Baroux, épidémiologiste de l'Atir et coordinatrice du Réseau de l'insuffisance rénale en Nouvelle-Calédonie (le Résir), a assisté au dernier, du 7 au 10 octobre, à Tours. Elle y a présenté deux études auxquelles le Résir participe. L'une, sur la prévention des plaies des pieds des diabétiques, est fondamentale. Elle vise, en effet, à éviter des amputations aux dialysés de Nouvelle-Calédonie.

Quelques jours après l’arrivée de Marjorie Renault à l’Atir comme cadre de soins, fin mars 2024, de violentes émeutes éclataient en Nouvelle-Calédonie. D’où sa première mission : piloter une cellule d’appel chargée d’organiser la dialyse des patients, malgré les entraves aux déplacements. Depuis le retour au calme, Marjorie accompagne, dans leur pratique, les infirmiers de l'unité de dialyse médicalisée de l'association, dans le grand Nouméa. Elle nous dit fièrement tout ce qu’ils réalisent ensemble.

En 2024, le Réseau de l'insuffisance rénale en Nouvelle-Calédonie, le Résir, dont l'Atir est membre, a réalisé une analyse épidémiologique d’une grande richesse sur la maladie rénale chronique (MRC) traitée en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna. Qu’en retenir ?

L'Atir, principal opérateur de dialyse en Nouvelle-Calédonie, soigne également l'insuffisance rénale dans l'archipel français de Wallis et Futuna. Ainsi, en 2007, il a ouvert à Wallis une unité d’hémodialyse de proximité (UHP). Désormais, c'est sur l'île de Futuna que l'Agence de santé de Wallis, tutelle locale des hôpitaux, lui demande d'exploiter une seconde UHP. L'Atir s'y prépare donc depuis plusieurs mois. En juillet et août, son directeur général et ses techniciens de dialyse s'y sont rendus, pour veiller à la bonne fin du chantier. Cette belle unité devrait accueillir ses patients début 2026 et étendre un peu plus l'action de notre association.

Si, en 2024, les émeutes ont fait fléchir l’activité du Réseau de l’insuffisance rénale en Nouvelle-Calédonie (Résir), l’association s’est néanmoins adaptée au contexte tendu. Elle a ainsi poursuivi sa mission de prévention de la maladie rénale chronique. Son bilan, dressé en assemblée générale le 29 avril, vient le souligner.