01 Juil Malgré les obstacles, l’Atir chemine vers la néphrologie verte
L’Atir, qui prend en charge l’insuffisance rénale en Nouvelle-Calédonie, entreprend, depuis plusieurs années, des actions pour se conformer aux critères de la dialyse verte, telle que la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation (SFNDT) la promeut. Et ce, malgré des obstacles bien concrets, comme la situation géographique de certaines de ses unités de dialyse, très éloignées des centres urbains. Au terme d’un audit récent, le pôle de l’association qui veille à la qualité de son activité constate des progrès dans sa démarche éco-responsable.
Le secteur de la santé émet plus de 8 % des gaz à effet de serre imputés à la France. Or, on a désormais amplement démontré le rôle de ces émissions dans le dérèglement climatique et son éventail de catastrophes. On sait aussi que cet éventail est un facteur qui aggrave la prévalence de l’insuffisance rénale, partout dans le monde. En effet, la population qui en souffre, souvent âgée, est facilement sujette à déshydratation et aux épidémies qui accompagnent les mutations du climat. Les efforts engagés avant 2030 pour stopper ce cercle vicieux seront déterminants. La Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation, SFNDT, l’a entendu. Depuis 2023, elle tente d’agir à sa mesure. Ainsi, elle incite les centres de dialyse à la dé-carbonation de leurs activités, pour atteindre l’objectif fixé par l’Union européenne, soit zéro émission de gaz à effet de serre en 2050.
De la dialyse à la néphrologie verte avec la SFNDT

En mars 2023, la SFNDT a édité un guide des bonnes pratiques pour une dialyse verte. C’était une première en France. L’ouvrage, issu des travaux d’un groupe de néphrologues baptisé Néphrologie verte, aidait les structures d’hémodialyse à adopter une démarche écologique en proposant, sous forme de fiches pratiques, des mesures de complexité variable, simples changements de comportement ou procédés techniques plus sophistiqués pour des économies de long terme. Très remarqué dans le secteur de la santé européen, il fut traduit pour diffusion au-delà des frontières hexagonales, via l’European renal association (ERA). Il engendra aussi la création de green teams chargées de mettre en oeuvre ses mesures dans des centres de dialyse. Un premier succès.
En 2026, ses auteurs le rééditent en l’étoffant. Ils y ont intégré toute la néphrologie, d’où son titre Guide des bonnes pratiques pour une néphrologie verte. Cette édition préconise, entre autres, une série d’actions pour réduire consommation d’énergie, d’eau et empreinte carbone de la gestion des déchets d’activité de soins. L’Atir, qui s’applique à une démarche éco-responsable depuis plus de dix ans, a décidé d’y intégrer les nouvelles recommandations de la SFNDT car le traitement de l’insuffisance rénale en Nouvelle-Calédonie suit les mêmes protocoles que l’Hexagone.
Une green team Atir en marche avec le pôle Qualité
« La dialyse a un impact très important parce qu’avec plusieurs séances par semaine, elle consomme beaucoup d’eau, d’énergie et produit beaucoup de déchets. Comment diminuer notre impact écologique tout en maintenant l’efficacité de notre prise en charge ? », demande Éloïse Beaussoleil Bertram, responsable du pôle Qualité et technique de l’Atir. Elle répond aussitôt : « Nous commençons en conseillant nos unités de dialyse sur la manière d’améliorer leurs pratiques en la matière. En fin d’année dernière, nous avons procédé à l’audit des actions menées, unité par unité, selon des critères définis, qui vont de l’identification des quantités de déchets, par catégories, à la consommation d’énergie de nos bâtiments. »
Par ailleurs, au sein de l’association, un comité spécifique, le Comitbat, identifie les actions réalisables dans son patrimoine immobilier. « Dans notre unité médicalisée de Dumbéa sur Mer, nous avons prévu deux grandes sources d’économies cette année : l’usage d’une centrale d’acide pour alimenter les générateurs de de dialyse et la régulation de la climatisation, poursuit Éloïse. Une piste serait de nous équiper de compteurs divisionnaires. Nous projetons aussi de mettre partout en service des circuits de récupération d’eau. » Progressivement, l’Atir conforte donc sa politique de responsabilité sociale (RSE). Elle pourrait envisager de faire siens les autres principes de la néphrologie verte, jusqu’à voir, un jour peut-être, ses patients choisir leur mode de dialyse en fonction de son impact écologique ?
L’Atir en amélioration constante, poursuivons les efforts !
L’audit en cours à l’Atir montre que ses unités améliorent continûment leurs pratiques éco-responsables. « Quand les actions recommandées ne sont pas en place, c’est en général lié à des contraintes extérieures. Par exemple, des freins logistiques en raison de la situation géographique de l’unité ; la vétusté de ses locaux, impossibles à faire évoluer ; les lacunes de la filière de recyclage des déchets néocalédonienne. Mais notre volonté de progresser vers le développement durable, elle, est bien là », confirme Nicolas Darsaut, directeur général, pour prouver que la RSE est conçue comme une politique transversale et non une démarche propre au pôle Qualité. À l’Atir, on espère échapper au greenwashing.


