17 Juin Éco-responsabilité en dialyse : le système d’acide centralisé y contribue-t-il ?
L’éco-responsabilité, la qualité des soins et celle des conditions de travail, ce sont-là trois objectifs que l’Atir considère comme inhérents à sa mission en Nouvelle-Calédonie. Elle le réaffirme en faisant le choix, cette année, de troquer les poches d’acide individuelles branchées à ses générateurs de dialyse contre une centrale de distribution d’acide, pour fabriquer l’eau de dialyse. L’équipement est en service depuis mi-février dans sa principale unité médicalisée, à Dumbéa sur Mer. Il satisfait déjà son personnel, infirmiers en tête. À adopter sans conteste, si vous êtes un établissement de santé qui pratique l’hémodialyse.

Le système de distribution centralisé d’acide est installé dans la zone de stockage de l’UDM de Dumbéa sur Mer. L’acide est puisé dans des octabins, gros fûts de 500 litres.
Les infirmiers et agents de service qui travaillent dans l’unité médicalisée (UDM) de l’Atir à Dumbéa sur Mer (DSM) sont soulagés. En effet, d’ici la fin de l’année, ils ne devraient plus brancher constamment des poches d’acide individuelles de 3,5 à 5 litres sur les générateurs. Pourquoi ? Parce que l’association a fait le choix d’installer une centrale de distribution d’acide, Acidfeed, qui viendra s’y substituer pour fabriquer l’eau de dialyse. Elle est en service depuis le 13 février et… ça marche !
Cette centrale, tout le monde l’a repérée, dans la zone de stockage car elle se matérialise par des fûts de 500 litres – appelés octabins. Des tuyaux les relient aux générateurs des salles de soins auxquelles l’Atir a donné des noms exotiques : Niaouli, Notou et Nautile.
Nouveaux générateurs compatibles et formation des soignants
La nouvelle technologie a exigé des investissements annexes. Ainsi, l’Atir renouvelle progressivement ses générateurs de dialyse en se dotant de machines compatibles avec elle. Sa salle Niaouli, qui dispose de Nikkiso DBB Exa, l’utilise depuis plusieurs mois. Les salles Nautile et Notou l’emploient progressivement, au fil des remplacements de leurs Fresenius 5008 par des 6008, également compatibles. « Actuellement, notre unité médicalisée compte 27 générateurs compatibles sur les 36 postes en salle, expliquait, fin mars, Eloïse Beaussoleil-Bertram, responsable du pôle Qualité et technique. Nous sommes en train d’en acquérir d’autres, l’UDM sera donc complètement en acide centralisé en fin d’année. »
En parallèle, Yoann Lauret, responsable des techniciens de dialyse, a formé les infirmiers à ce système d’acide centralisé.
Eco-responsabilité et économies d’échelle
En optant pour une telle solution innovante, l’Atir poursuit plusieurs objectifs, en plus d’augmenter la qualité de sa prise en charge des patients insuffisants rénaux chroniques. D’une part, la centrale répond à des impératifs écologiques et économiques. « Le nouveau système est écoresponable, indique Eloïse Beaussoleil-Bertram. Nous gaspillons beaucoup moins de plastique et d’acide, puisque nous ne jetons plus de poches partiellement vidées. De plus, il a libéré de l’espace dans notre zone de stockage, pour y entreposer plus de dispositifs médicaux. Nous limitons donc les livraisons routières depuis notre pharmacie à usage interne. »
Des avancées concrètes pour la qualité de vie au travail
D’autre part, les salariés qui manipulaient les poches d’acide – infirmiers, agents de service, techniciens de dialyse, magasiniers-livreurs – et ceux du service logistique voient leur quotidien amplement soulagé. Tous relèvent d’abord avec soulagement la disparition des tâches de manutention. En effet, auparavant, les poches d’acide de 3,5 ou 5 litres, lourdes, arrivaient sur palettes dans des cartons encombrants. Il fallait les déballer, jeter les cartons à la déchèterie, stocker les poches et les installer manuellement sur les générateurs. Désormais, les fûts de 500 litres, une fois en place, distribuent directement l’acide aux générateurs sans plus de manutention.
C’est, en outre, un gain de temps. Et le risque d’erreur en est réduit. « Il y a moins les problèmes de conductivité en fin de traitement qui engendraient des données erronées, notamment avec les PRU1* et KT/V2** sur les Nikkiso… Que du bénéf ! », s’enthousiasme Mathias, infirmier. L’équipe en charge de la logistique et les agents de service renchérissent : les gestes répétitifs liés à l’utilisation de poches d’acide ont diminué. « Plus besoin de nettoyer immédiatement le sol parce qu’une poche a chaviré ! » La qualité de vie au travail s’en trouve augmentée, avec moins de fatigue, de douleurs au dos et de risques de blessures. D’où le soutien de la Cafat, la caisse d’assurance-maladie calédonienne, pour financer le projet.
Bénéfices confirmés dans un questionnaire de satisfaction
Le service Qualité a vérifié les avantages du système, en mars. Il a proposé aux salariés concernés, pour accompagner le changement de pratiques à Dumbéa sur Mer, un questionnaire en ligne sur leur appréhension de l’innovation. Leurs réponses sont probantes : les 17 participants lui ont tous attribué une note supérieure ou égale à 7/10. Onze d’entre eux, soit 65 %, l’ont notée 9/10 ou 10/10.
Si quelques ajustements sont encore nécessaires – par exemple, l’emballage des octabins est perfectible, pour qu’ils résistent mieux au transport en bateau –, le personnel utilisateur est unanimement satisfait. « Nous sommes impatients de voir le système élargi à tous les générateurs », conclut-il. Pour l’Atir, le choix de l’acide centralisé est un progrès qui témoigne, de surcroît, de sa démarche transversale vers l’écoresponsabilité.
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Notes explicatives
* PRU : pourcentage de réduction de l’urée en hémodialyse.
** KT/V : index d’épuration normalisé, qui compare l’épuration d’un patient à l’autre, quels que soient leur taille et leur poids, en séance d’hémodialyse.



