L’Atir adopte le sodium management, innovation salutaire

Dr Mobnda Kapche avec un patient dialysé

L’Atir adopte le sodium management, innovation salutaire

L’Atir a récemment équipé son unité de dialyse médicalisée (UDM), située dans le grand Nouméa, à Dumbéa sur Mer, en générateurs Fresenius 6008. L’un de leurs avantages pour les soins ? Ils possèdent un module qui règle la concentration de sodium transférée au patient pendant sa séance de dialyse. Le Dr Cédric Mbobnda Kapche, l’un des néphrologues de l’association, nous explique pourquoi les soignants doivent utiliser cette innovation majeure.

En quoi les générateurs Fresenius 6008 apportent-ils du progrès dans la surveillance de la natrémie du patient dialysé ? 

Le Dr Mobnda Kapche en soins avec un patient dialyséDr Mobnda Kapche : Nous surveillons la natrémie du patient – c’est-à-dire son taux de sodium dans le sang – parce que, si elle est élevée, il aura très soif, va boire beaucoup, prendre du poids entre les séances de dialyse et son hyperhydratation va augmenter les risques de complications graves, comme l’hypertension artérielle, l’œdème pulmonaire aigu (OAP), jusqu’au décès. Auparavant, l’Atir la surveillait essentiellement à partir des bilans médicaux mensuels. Or, ils ne sont que partiellement représentatifs car la natrémie varie quotidiennement. 

Aujourd’hui, à Dumbéa sur Mer, les nouveaux générateurs Fresenius 6008 nous permettent de moduler la concentration de sodium dans le sang du patient directement pendant la dialyse. Le contrôle devient instantané, c’est un grand progrès. 

Comment marche ce module de sodium management ? 

Dr M-K. : Le principe de la dialyse, c’est que ce qui est très concentré dans le dialysat [NDLR : le liquide de dialyse] passe chez le malade et inversement. Donc l’eau du dialysat, si elle a une plus forte concentration en sodium que le sang du patient, lui en transfère. Avec le module de sodium management, on peut personnaliser les prescriptions de dialyse. L’objectif est d’éviter ce phénomène et d’assurer l’iso-natrémie, ce qui signifie que les concentrations en sodium sont égales de part et d’autre. Mais attention, à condition d’enclencher le module au branchement du patient, on ne peut pas le faire ensuite ! Le générateur délivre alors sa natrémie 30 minutes après ; le médecin fonde sa prescription sur cette donnée.

Quels sont les rôles respectifs du médecin et des infirmiers dans la surveillance de la natrémie avec les nouveaux générateurs ?

Générateur Fresenius 6008 pour dialyse.Dr M-K. : Cette innovation suppose une bonne communication entre infirmiers et médecins. À l’Atir, nous, médecins, formons les infirmiers à l’utiliser, en nous appuyant aussi sur leurs collègues référents en matière de geste d’urgence. Nous compterons sur nos IDE pour activer le module au début de la dialyse. Ce qui nous permettra de récupérer la natrémie du patient, nécessaire aux prescriptions, comme je l’indiquais. Une fois familiarisés avec la procédure, les IDE pourront collecter eux-mêmes la donnée et nous l’envoyer.

Progressivement, nous utiliserons le module pour les dialysés dont nous connaîtrons la natrémie. Il me paraît important que tous nos infirmiers, pas seulement ceux de l’unité de Dumbéa sur Mer, soient informés de l’enjeu du contrôle de la concentration de sodium chez le patient. L’information sert aussi à son éducation thérapeutique, par exemple pour lui apprendre à ajuster son alimentation entre les séances.